Un journaliste vous contacte pour une interview. Bonne nouvelle ! Mais entre l’appel téléphonique et le moment de l’échange, il y a un travail de préparation que certains sous-estiment. Résultat : des messages flous, une posture hésitante…

Pour éviter cela, chez Presstance nous mettons en place des sessions de media training où nous donnons aux porte-paroles les trucs et astuces pour réussir leur interview. Nous avons décidé de vous en dévoiler 6.

Identifier votre interlocuteur, le sujet et préparer vos messages clés

C’est le point de départ et la fondation même de votre interview.

Avant le jour J, nous vous invitons à prendre le temps de comprendre qui vous interviewe et pourquoi.

À retenir

Un journaliste de la presse régionale n’a pas le même angle qu’un journaliste de presse spécialisée. France 3 Normandie s’intéresse à l’ancrage territorial d’une ouverture d’usine ; une revue sectorielle, elle, veut les détails techniques du procédé de fabrication. Ce n’est pas le même discours. Ce n’est pas le même registre.

En tant qu’attaché de presse, nous demandons à notre interlocuteur les grandes lignes de son interview, ce qu’il souhaite aborder pendant votre échange. Cela nous permet de délimiter le sujet et donc de préparer en amont des éléments de langage pour répondre aux questions posées.

Les éléments de langage correspondent aux messages prioritaires que vous souhaitez faire passer. Cela peut être en fonction du sujet :

  • La vision de votre entreprise
  • Son engagement envers l’environnement
  • Son déploiement à l’international…

Attention toutefois à vous limitez à deux ou trois idées fortes, afin de ne pas noyer le journaliste dans un flux d’information. Un journaliste perdu a plus de difficulté à retranscrire votre parole qu’un autre à qui vous répétez trois idées essentielles.

Autre piège à éviter : le jargon. A moins que la personne en face de vous ne soit experte en la matière, vous devez vulgarisez votre propos et le formuler de manière simple, court et accessible.

Exemple : Un industriel spécialisé dans l’usinage de pièces à destination de l’automobile et installé à Roubaix, lors de l’interview, a évoqué un procédé d’usinage. Nous avons dû adapter la prise de parole au jeune journaliste de La Voix du Nord.

Le conseil en ➕

Anticipez les questions sensibles y compris si le sujet ne semble pas se prêter à ces interrogations. Cela vous permet d’être prêt à répondre si besoin, avec calme et cohérence.

Choisir les bons intervenants et s’aligner avant l’interview

Une interview n’est pas une réunion d’équipe. Inutile de faire venir le président, le directeur commercial, la responsable communication et le chef de projet dans la même pièce. Trop d’intervenants brouilleront le message et déstabiliseront le journaliste.

La règle : un ou deux intervenants maximums, choisis en fonction de l’angle annoncé. Si le sujet porte sur la stratégie de l’entreprise, le dirigeant. Si c’est un projet spécifique, le responsable du service concerné. La pertinence prime sur la hiérarchie.

Une fois vos intervenants choisis, il est important d’aligner leurs messages et de synchroniser les éléments de langage. Un porte-parole qui contredit l’autre en interview, même sur un détail, crée immédiatement un doute.

Dernier point : assurez-vous que les intervenants ont envie d’être là. Un collaborateur mis en avant contre son gré, mal à l’aise face à la caméra ou réticent à être photographié, c’est un risque inutile. La motivation se voit. Elle se lit aussi dans les citations.

Préparer les documents à remettre au journaliste

L’interview se termine, le journaliste repart avec ses notes. Et parfois des approximations : un chiffre mal entendu, un nom de famille écorché, une date incertaine. Il est important que l’attaché de presse ou le responsable de la communication soit présent pour lui remettre les bons documents.

Le communiqué de presse est l’outil de base. Il reprend les informations essentielles de votre actualité, avec les chiffres exacts, les noms correctement orthographiés, les dates vérifiées. Le journaliste s’en servira comme référence au moment de rédiger.

Le dossier de presse va plus loin : il donne le contexte, l’historique de l’organisation, ses actions principales, ses enjeux. C’est le document qui répond aux questions que le journaliste ne vous posera pas forcément en face, mais qu’il se posera en rédigeant son article.

Si votre actualité s’y prête, pensez aussi aux supports concrets : un produit à faire découvrir, un échantillon, une démonstration. Ce qui se voit ou se touche facilite la compréhension et enrichit le reportage.

Maîtriser sa posture et rester honnête

L’interview commence. Vous répondez aux questions du journalistes de manière claire, vous passez vos messages clés, mais vous parlez d’une petite voix, vous êtes mal assis sur votre chaise, ou du bruit gêne la compréhension de votre interlocuteur.

En interview, l’environnement autour de vous et votre posture comptent aussi bien que vos mots.  Regard, ton, rythme de la voix : ces éléments non verbaux influencent directement la perception du message. Une voix posée inspire confiance. Un débit trop rapide génère de la confusion.

Dites la vérité

Taire une information est une décision stratégique légitime. Mentir, c’est une faute. Les journalistes vérifient, recoupent, rappellent. Un mensonge découvert après publication est bien plus dommageable que la vérité aurait pu l’être.

Si vous ne connaissez pas la réponse à une question, dites-le clairement : « Je n’ai pas l’information sous la main, je vous rappelle avec les éléments précis. » Cela vous rend plus crédible et c’est infiniment préférable à une approximation qui se retrouvera dans les colonnes.

Connaître vos droits et ceux du journaliste

Si au nom de la liberté de la presse vous ne pourrez pas relire le papier avant parution, vous pouvez en revanche tout à fait demander à relire vos citations. C’est une pratique courante, respectée par la grande majorité des journalistes. Cela vous protège d’une mauvaise reformulation et leur évite une inexactitude. C’est dans l’intérêt des deux parties.

Faire un atelier media training avec Presstance

Chez Presstance, nous proposons dans le cadre de la Press’Académie, des ateliers de plusieurs demi-journées ou journées pour vous permettre de préparer votre intervention. C’est le media training.

Construite autour de vos enjeux spécifiques, de vos interlocuteurs réels et de vos prises de parole à venir, cette formation est sur-mesure et personnalisée en fonction de vos besoins.

Elle combine apports théoriques et mises en situation concrètes : simulations d’interviews, passages face caméra, débriefing opérationnel. L’objectif : repartir avec des réflexes immédiatement utilisables, y compris dans les contextes sensibles.

Pour les prises de parole ponctuelles, notre agence de relations presse propose également des media briefings ciblés, pour préparer une interview spécifique sans passer par une formation complète.

Une prise de parole bien préparée est une opportunité. Une prise de parole improvisée est un risque. La différence tient souvent à quelques heures de travail en amont.

Qu'est-ce que le media training ?

Pourquoi préparer ses messages avant une interview ?

Peut-on relire un article avant sa publication ?

Combien de temps dure une formation media training ?